Le mardi 27 septembre, Divine a donc eu à nouveau une échographie, troisième depuis celle positive du mois de mai, et seconde depuis celle où le vétérinaire a trouvé une poche amniotique vide fin août.
Pour lui, Divine a certainement coulé et il expliqué la "déformation" du ventre par le fait que tout ne s'est pas encore résorbé... ou alors "ventre d'herbe".
Je reste perplexe car Divine n'a jamais eu un tel ventre depuis que je l'ai, soit dix ans.
Mais au diagnostic de gestation négatif, c'est comme un couperai qui tombe. Je me sens attristée. Eh oui, on s'imagine déjà le poulain. On pense déjà à son nom.
Pour nous, il est déjà là, même si imperceptible.
Je me vois résignée à devoir faire mon deuil de ce poulain.
Ceci dit, après des recherches sur internet, je ne craignais que ma jument présente une grossesse molaire: dégénérescence, tuméfaction du placenté.
Heureusement ce n'est pas le cas. A l'échographie, la poche amniotique est bien nette, noire et sans apparence de grappe de raisin ou tempête de neige.
Il n'y aurait pas non plus de macération. D'ailleurs Divine est en forme.
Etant choquée que le vétérinaire me dise qu'elle a certainement coulé, je lui demande s'il est sûr et certain.
Il me dit qu'il y a une petite chance pour que le feotus soit hors d'atteinte de la sonde.
Pour être sûre je lui demande si une prise de sang m'apporterait la certitude qu'elle ait avorté. Il pratique donc cette prise de sang et me dit d'attendre quinze jours pour avoir les résultats.
Déjà le mois d'attente entre les deux échos fut très long à m'imaginer le pire qui pourrait expliquer ce "gros ventre". Mais devoir attendre quinze jours de plus...
Enfin bon, pour lui elle est vide et se porte bien. C'est comme ça, les résorptions embryonnaires ne sont pas rares.
Je m'attends donc à un résultat de sang négatif et commence à penser qu'il faudrait que je mette Divine à la diète et la retravailler davantage pour qu'elle reprenne du muscle.
Suggérant cela à mon vétérinaire, il me conseille tout de même d'attendre les résultats de la prise de sang.

Le 4 octobre, rentrant chez moi, je relève le courrier. Il figure une lettre de l'INRA.
Après l'avoir ouverte, voici ce que je lis

Donc résultat du test de gestation tardif avec dosage aux oestrogenes: POSITIF, elle serait gestante.
Aussitôt, j'appelle mon vétérinaire qui bien entendu ne s'attendait pas à ce résultat.
Ses propos en substance se résument à "le témoin de la présent "placenta/foetus" est là mais je ne l'ai pas vu."
Il me conseille donc de la surveiller et reste très sceptique. Nous convenons aussi que je me renseigne auprès de l'INRA.
En fait leur dosage, c'est les CPM (compteur....), moins il est élevé, et plus il y a d'hormones. Je n'ai pas tout compris mais ils comptent avec un produit radioactif.
Là, il est à 401.
La normale à 80 jours est 1200.
La normale pour une jument non gestante est 4000-5000.
D'après la personne en cas d'avortement, un mois après ça revient à la normale donc pour elle elle serait gestante mais... ils ne sont pas véto.
Sur d'autres conseils, j'ai contacté Maisons-Alfort. La vétérinaire que j'ai eu m'a dit qu'il existait une période "battarde" où il était difficile de voir le feotus. Elle m'a aussi dit que pour elle, en général le foetus est expulsé et qu'il est rare qu'il se résorbe chez la jument. Elle m'a aussi dit qu'arrivé à 2 mois de gestation, les taux d'hormones ne redescendaient pas suite à un avortement. Mais elle n'a pas su me dire s'il s'agissait des oestrogenes. Elle m'a expliqué que pour être sûre il fallait faire une échographie transcutanée mais qu'il existait une période "battarde" où il était difficile de voir le coeur battre. Et elle m'a aussi dit qu'on pouvait faire d'autres dosages hormonaux. Elle n'a donc pas su me dire si elle serait toujours pleine... mais elle ne s'y connait pas en reproduction.
Il serait donc tout à fait possible qu'elle soit pleine.
Demandant des conseils à d'autres forumeurs, voici ce que m'a trouvé nomade
"lu sur cheval santé:

  • à 200jours de gestation,le poulain est parfaitement identifiable au toucher(fouille).
  • doser la progestérone est tentant,mais il s'agit en fait d'un test de non gestation,si le taux trouvé est nul,il est certain que la jument est vide.en revanche si on trouve cette hormone,cela signifie soit que le jument est pleine,soit qu'elle porte un corps jaune persistant sur un ovaire.
  • ce sont les oestrogènes qui apportent les dosages les plus spécifiques.leurs taux augmentant significativement à partir du 90jour dans le sang,ils permettent un test de gestation tardif mais sur"

Darius explique aussi:
"Je viens de jeter un oeil sur le bouquin de Peter Rossdale. Dans les methodes de diagnostic de gestation il parle de tout ce dont on a parler mais il dit que la présence d'oestrogène dans les urines est fiable à partir du 120 ém jour mais parfois equivoque et que l'on doit dans ces cas là recommencer une analyse.
Il dit aussi qu'aucune preuve n'a encore été apporté, et ce quel que soit le stade de gestation, qu'une recherche manuelle par palpation transrectale palpation manuelle avait provoqué un avortement . L'anti preuve est qu'il est très difficile d'éliminé un jumeau malgré la pression exercée et les forces appliquées.
Il donne aussi une autre méthode de diagnostic l'electrocardiogramme en plaçàant les électrodes au dos et au ventre de la juments les tracé de la juments et du foetus se superposent. Ces mêmes battements peuvent être reconnus par l'echographie qui peut aussi controler tout mouvement du foetus."
Dans le même temps je me suis commandées des livres sur l'ouvrage qui m'apportent certains renseignements.
"Ca y est j'ai reçu mes livres. Ils ont fait super vite.
Alors fiabilité de l'échographie: 98%. Fiabilité du test aux oestrogenes: 95%.
C'est kifkif bourriquot.
Ils disent que les oestrogenes chutent après la mort du foetus mais qu'ils ne permettent pas de donner une indication sur l'état de santé du foetus.
Concernant l'échographie, je n'ai pas bien compris la portée de la sonde: 10cm?
Donc je me demande si une jument multipare n'a pas un utérus plus gros qu'une primipare et que donc lorsque le foetus descend vers 45 jours et après s'il n'y a pas la possibilité que le foetus se trouve hors d'atteinte de la sonde.
Sinon ils disent aussi que parfois la vessie peut être confondue avec l'utérus. Ceci dit, mon véto me semble avoir fait comme ils expliquent: visualisation des ovaires...
Je continue d'attendre et de surveiller."
La question est donc plus que jamais d'actualité:
Pleine ou pas pleine?
Le fait que le véto n'ait rien vu à l'échographie pourrait il provenir que Divine étant multipare ait un utérus qui soit plus gros de volume ou plus descendu?
Pour vous donner une idée du ventre de Divine voici quelques photos:







HORMONES PENDANT LA GESTATION



Progestérone et Progestagenes
Origine ovarienne
Le premier pic hormonal de la gestation chez la jument est celui de la progestérone (hormone stéroidienne). La progestérone est présente dans le plasma de la jument jusqu'à J200 environ, date à laquelle le corps jaune de gestation et les corps jaunes secondaires (apparus à partir de J40) ont complètement disparus.
Chez la jument cyclique, le volume du corps jaune commence à diminuer et la sécrétion de la progestérone par le corps jaune s'effondre vers le 12ème jours post ovulation (lutéolyse). Ce phénomène ne se produit pas chez la jument gestante du fait de l'inhibition de la décharge de prostaglandines par l'utérus. Cependant, la sensibilité aux prostaglandines du corps jaune de 14 jours chez la jument gestante reste identique à celle du corps jaune de la jument cyclique.
Chez la jument gestante, la concentration plasmatique de progestérone décroit néanmoins progressivement de 8ng/ml en moyenne vers J10- à 5ng/ml vers J30. Elle remonte ensuite au regain d'activité du corps jaune primaire et à l'apparition de corps jaunes secondaires stimulés par l'eCG à partir de J40. Trente pour cent des corps jaunes secondaires résultent d'ovulations (2 à 3 par jument), tandis que le reste provient de la lutéinisation de follicules non ovulés. Le nombre de corps jaunes secondaires passe ainsi de 2,8 à J70 à 10,2 à J40.


Origine foeto-placentaire
Progressivement le placenta prend le relais de l'ovaire pour le maintien de la gestation. Le moment où ls ovaires ne sont plus utiles au déroulement de la gestation reste mal défini. Il a été déterminé par ablation des ovaires à différents moments de la gestation. Tous les animaux castrés avant J45 avortent et 50% de ceux castrés entre J45 rt J70 font de même. En revanche, totues les castrations au-delà de J140 donnent lieu à des gestations normales. En fait, au-delà de J90 les ovaires ne seraient plus nécessaires au maintien de la gestation.
Durant la gestation, le complexe foeto-placentaire sécrète des dérivés de la prgnénolone et de la progestérone, communément appelés progestagènes, dans le sang maternel. Cers hormones proviennent du foetus, directement ou après transofmration au niveau du placenta. Ces hormones proviennent du foetus, directement ou après transformation au niveau du placenta. Après environ J200, lorsque tous les corps jaunes ont régressé, seuls les progestag-bes sont présent dans la circulation sanguine maternelle et la progestérine elle-même est absente. Leur concentration cumulée est élevée (dans l'ordre du microg/ml). Lorsque l'on utilise un test de dosage de la progestérone pour mesurer la concentration des progestagènes en fin de gestation, on note des taux inférieurs à 10ng/ml avant 300 jours de gestation. Ces concentrations augmentent ensuite jusqu'à environ 20-25ng/ml 24 à 48 heures avant mise-bas puis chutent brutalement. L'augmentation des progestagènes en fin de gestation pourrait être liée à la préparation de la jument pour la mise-bas.


eCG=Equine Chorionic Gonadotrophin
Anciennement appelée PMSG (Pregnant Mare Serum Gonadotrophin), l'eCG constitue le deuxième pic hormonal. Cette hormone glycoprotéique est sécrétée par les cupules endométriales de l'utérus présentes du 36ème au 120ème jour de gestation. L'eCG est dosable dans le sang à partir de J45 jusqu'à J 110. Chez la ponette comme la jument, sa concentration augmente rapidement de J40 à J60 pour atteindre environ 100 UI/ml au maximum puis décline ensuite régulièrement jusqu'à sa disparition à J110.
L'hromone peut être mise en évidence dans le test de la lapine (test de Friedman-Schneider) ou par certains kits commerciaux. Cette hormone qui fait croitre les follicules dans beaucoup d'autres espèces (action FSH), n'a aucun effet sur les ovaires de la jument vide. Le 36ème jour de gestation est un moment-clé de la gestation avec démarrage de la sécrétion d'eCG par l'utérus et mise en place des corps jaunes secondaires. LEs avortements seront faciles à réaliser avant 36 jours, ils seront plus difficiles à réaliser, mais surtout l'utérus de la jument continuera de sécréter la PMSG jusqu'à 120 jours comme si de rien n'était. La remise à la reproduction avec succes est quasi impossible.

Oesotrogenes
Le troisème pic hormonal est celui des oestrogenes, hormones stéroidiennes d'origie feoto-placentaire. Les gonades (ovaires ou testicules) du foetus produisent des androgenes qui sont transformés en oestrogenes au niveau du placenta puis sécrétés dans le sang maternel. On observe à partir du 85ème jour une sécrétion massive d'oestrogèenes circulants est due à l'accroissement considérable de la taille des gonades pendant la première moitiré de la gestation puis à leur régression par la suite. La taille des gonades à la naissance est d'environ 10% de celle atteinte en milieu de gestation. Il faut noter que sous le terme oestrogenes totaux, on dose l'oestrone et d'autres stéroides propres à la gestation de la jument, l'équiline et l'équinine.
Les oestrogenes sont dosés dans le sang de la mère, du 90ème jour de gestation au terme et dans l'urine de la mère du 150ème jour au 300ème jours. C'est le niveau de concentration (très supérieur à celui atteint durant les chaleurs) qui permet de se servir de ce dosage comme diagnostic de gestation.
Les concentrations en oestrogenes et en progestagenes sont donc les témoins de la présence de l'unité "foetus/placenta". Bien que les oestrogenes chutent après la mort du foetus, leurs concentrations dans le plasma maternel ne peuvent pas être utilisées de façon fiable, pour évaluer son état de santé. En revanche, en fin de gestation, une augmentation prématurée des progestagenes peut signaler une pathologie placentaire ou foetale.



DIAGNOSTIC DE GESTATION


Les principaux diagnostics utilisés chez la jument
-A partir du 14ème jour post-ovulation, la vésicule embryonnaire est visble par échographie comme une bille de 15mm de diamètre environ. Sa visualisation est en fait possible dès le 10 ou 11ème jour post-ovulation mais sa petite taille ne permet d'effectuer un diagnostic précis que sur des juments examinées antérieurement et dont l'utérus est très homogène et échogène. En pratique, pour les examens de routine, il est conseillé de ne pas examiner les juments avant le 14ème jour de gestation
-A partir du 16ème jour post-ovulation, un retour en chaleur permet d'affirmer que la jument est vide. En revanche, l'absence de retour en chaleur ne constitue qu'un indice de début de gestation. Dans 30% des cas, l'absence de retour est lié à des chaleurs mal détectées, à des corps jaunes persistants sur des juments non fécondées, ou encore à des périodes d'inactivité ovarienne. L'absence de retour n'est donc liée que dans 70% des cas à une gestation.
-Entre le 20ème et le 30ème jour, la plapation rectale de l'utérus peut être utilisée. Seule, la consistance qui n'est qu'une conséquence de l'environnement endocrinien, est estimée. C'est en fait un dosage biologique de la profestérine. A cette période on ne peut pas encore distinguer de renflement, sauf chez les juments maidens. Les erreurs de cette technique sont donc les mêmes que celles du saoge de la progestérone, auxquelles il faut ajouter celle de l'estimation, très subjective, de l'état de l'utérus. A partir du 30ème jour, la palpation rectle de la vésicule embryonnaire dans l'utérus est réalisable. L'exactitude de cette méthode est fonction de la dextérité de celui qui la réalise: elle est trè bonne quand elle est réalisée par un spécialiste mais devient très douteuse quand on ne la pratique qu'occasionnellement.
-Entre le 45ème et le 110ème jour, la mesure de l'eCG par des tests biologiques (test de la lapine) ou par des tests biochimiques est d'une bonne exactitude: 95%. Son seul inconvénient est que l'eCG ne disparait pas immédiatement après un avorrtement ayant lieu après le 40ème our de gestation: le test reste donc positif après un avortement.
-Du 90ème jour au terme, le dosage des oestrogènes plasmatiques produits en très grande quantité par l'unité foetus-placenta constitue une méthode très sûre de diagnostic (méthode radio-immunologique). Sur les urines, le dosage de ces mêmes oestrogenes ne peut se pratiquer que du 150ème au 300ème jour (méthode chimique de dosage, moins sensible)


Suivi échographique de la gestation
Date du premier examen
La date à partir de laquelle la vésicule embryonnaire est visualisée par échographie est la suivante:
-14 jours par rapport à l'ovulation détectée (et non pas supposée): c'est la donnée la plus précise.
-15 jours par rapport au 1er refus: c'est la donnée la plus courante et le 1er refus est proche de l'ovulation. La jument peut ovuler 1 jour après le début du refus.
-19 jours par rapport à la dernière saillie: c'est la donnée la plus fantaisiste, l'ovulation peut arriver n'importe quand. Il faut se donner la marge d'une saillie fécondante: 5 jours avant l'ovulation.
Lors d'examens pratiquées avant cette date, les vésicules embryonnaires sont souvent de dimensions trop petites par rapport aux limites de visualisation de l'échographie, la jument est déclarée pleine si la vésicule est "douteuse" si aucune vésicule n'est visible (absence ou non encore apparue?)
Le plus efficace est de réaliser un diagnostic de gestation avant la survenue de la chaleur suivante, on n'a ainsi aucune chance de "rater" une occasion de détecter la chaleur retour.
Dans la pratique, l'échographie ne peut pas toujours être pratiquée avant la période de retour de chaleur de la jument (aux 13è, 15è et 18èùe jour après le 1er refus). Dans ce cas, la détection des chaleurs doit commencer avant. Une erreur fréquente consiste à attendre le diagnostic de gestation par échographie avant de passer la jument à la barre. Combien de juments examinées et non passées à la barre les jours précédents sont porteuses d'une corps jaune récent! Dans ce cas, non seulement une occasion de féconder la jument est perdue, mais ne connaissant pas la date du passage chaleur-refus précédent, il est impossible de prévoir la venue du cycle suivant.
Toute méthode de précision sur plus d'un cycle est à abandonner.


Dates des examens de confirmation
Si le diagnostic est positif, la détection des chaleurs est arrêtée. Il faudra prévoir une confirmation du diagnostic entre le 30è et le 36ème jour de gestation.
Si le diagnostic de gestation est négatif, la détection des chaleurs doit se poursuivre conformément aux dates données, puis deux fois par semaine. Si la jument ne se manifeste pas et que la saison est avancée au delà du 15 avril, faire remettre la jument en chaleur (prostaglandines) par le vétérinaire après confirmation du diagnostic négatif.


Image échographique et date de gestation.
La taille de la vésicule constitue un excellent critère pour dater la vésicule jsuqu'à J18. La taille reste stable autour de 26mm de diamètre entre J18 et J28. La taille augmente à nouveau très rapidement entre J28 et J45 (3mm par jour).
La vésocule est mobile jusqu'à J16 et peut donc être visualisée dans toutes les parties de l'utérus. Elle se fixe à J16. Elle est alors visualisée dans toutes les parties de l'utérus (bouton embryonnaire vers la face ventrale d'une des 2 cornes utérines).
La forme de la vésicule est sphérique jusqu'à J17-J18 (cavté vitelline). Lors de sa réaorganisation (développement de l'allantoide), elle prend une forme irrégulière sphérique sur sa moitié ventrale et triangulaire sur sa moitié dorsale.
L'embryon apparait vers J20 comme un point échogène à la face ventrale de la cavité vitelline. LEs battements cardiaques sont visibles vers J25 (clignotement).
L'allantoide apparait en-dessous de l'embryon vers J24. Sa croissance progressive au fur et à mesure de la diminution de la cavité vitelline permet de dater la vésicule et provoque l'ascencion de l'embryon dans la vésicule. L'embryon atteint le pôle dorsal de la vésicule vers J38.
La formation du cordon ombilical permet la descente progressive du foetus dans l'utérus entre J40 et J48.



PERTES DURANT LA GESTATION


Ces pertes sotn très préjudiciables pour l'élevage équin. Pour 100 juments mises à la reproduction en France, 80 sont fécondées mais seulement 66% poulinent.


Définitions


lL'embryon est sexuellement indifférencié. Le stade embryonnaire se termine à J40. Le foetus est sexuellement différencié. Le stade foetal s'étend de J40 à J300. Le produit de gestation est considéré comme viable à partir de J300 et s'appelle poulain.


Le taux de perte embryonnaire (éviter le terme taux de résorption embryonnaire puisqu'il s'agit dénéralement d'une expulsion à l'ostrus suivant) correspond au:
nombre de gestations interrompues avant J40
---
. nombre de fécondations


En pratique le taux de perte embryonnaire se mesure comme le taux de perte entre les 2 diagnostics de gestation précoces:
nombre de 2ème diagnostics de gestation négatifs

nombre de 1er diagnostic de gestations positifs


Le taux de perte foetale (éviter le tereme d'avortement puisque l'expulsion n'est pas systématique) correspond au:
nombre de gestations interrompues entre J40 et J300
---
. nombre de gestations à J40


En pratique le taux de perte foetale se mesure comme:
. nombre d'absences de poulinages
---
nombre de diagnostics de gestation de confirmation positifs


De façon rigoureuse, la naissance d'un produit viable entre 300 et 320 jours de gestation doit être considéré comme prématuré. Pour des raisons pratiques, l'expulsion d'un poulain entre 300 et 320 jours est appelé avortement (ou perte foetale) par la plupart des auteurs.


Fréquence


Taux de pertes établis par différents auteurs. En conclusion le taux de pertes s'évalue ainsi:
6% entre J20 et J40
6% entre J40 et J60
6% entre J60 et le terme
soit 17% de pertes au total.


Importance de la période embryonnaire
Le risque de perte semble très élevé en début de gestation et diminuerait au fur et à mesure de l'avancement de la gestation
Argument 1
Le taux de fertilisation mesurée par le nombre d'ovocytes clivés (donc fécondés) collectés vers J2 ou J4 post ovulation par rapport au nombre d'ovulations est très élevé: 90%
Me taux de fertilité vers J6-J7 mesurée par le nombre d'embryons récoltés par rapport au nombre d'ovulations avoisine 53% (saison de monte 93 - transferts d'embryons commerciaux en France)
Le taux de ferticilité vers J14-J20 mesuré par le nombre de diagnostics de gestation précoces prositifs par rapport au nombre de cycles exploités se situe autour de 49% (saison de monte 89 - Haras nationaux)
Ainsi, le taux de perte serait très élevé entre J2 et J6-J7 et assez élevé entre J6-J7 et J14-J20.


Argument 2
Un risque journalier de résorption embryonnaire a été estimé à partir des données échographiques de 3740 juments testées gestantes lors d'un 1er examen et confirmées positives (3407) ou négatives (333) lors d'un 2ème examen.
Diminution rapide de la probabilité de perdre l'embryon entre J13 et J40.


Facteurs favorisant le taux de perte


Intégrit du tractus génital.
Rappel! l'embryon trouve sa nourriture dans l'utérus. Le "lait utérin" est sécrété par les glandes endométriales et absorbé au travers du chorion vitellin ou allentoidien. La placentation est d'origine utérine et foetale. Il est donc logique d'imaginer que tous les facteurs visant à diminuer la qualité de l'endomètre influencent le taux de pertes.


Age de la jument
Les taux de perte embryonnaire et foetale augmentent avec l'âge de la jument en particulier au-delà de 15 ans (perte embryonnaire) ou de 20 ans (perte foetale). La partié de la jument, c'est-à-dire le nombre de gestations antérieures, influence également le taux de pertes, mais cet effet surait du à sa relation avec l'âge.


Chaleurs de lait.
Le taux de pertes embryonnaires reste identique quelque soit l'état physiologique de la jument avec toutefois une tendance à l'augmentation lors de fécondation nissue de l'ovulation post-partum. Le taux de perte foetale est plus élevé lors de fécondations durant la chaleur de lait. Le fait que l'involution utérine ne soit pas terminée lors de la fécondation et de la nidation pourrait expliquer cette élévation du taux de pertes.


Répétabilité individuelle
Ginther a évalué en 1985 le taux de pertes embryonnaires à 50% chez 18 juments atant déjà résorbé contre 25% chez 154 juments n'ayant jamais résorbé. Woods, en 1985, a effectué une observation identique avec 40% de pertes embryonnaires chez 20 juments a antédédents de perte de gestation précoce contre 11% chez les juments sans antécédent de pertes.
Une étude française en 88 a montré 17% de perte foetale chez 244 juments ayant déjà avorté contre 8 % chez les individus n'ayant jamais avorté.


Indicateurs d'atteinte de l'endomètre
La présence de liquide intra utérin détecté lors d'un constat de gestation par échographie est un indicateur de perte de gestation.
De même, l'état histologique de l'utérus évalué lors d'une biopsie utérine permet d'établir un pronostic sur la capacité de la jument à mener à bien une gestation.
Le taux de pertes de gestation est plus élevé sur les juments sur lesquelles on a observé des kystes endométriaux, mais il s'agit principalement de juments âgées. Le taux de poulinage est le même lorsque des juments à kystes sont comparées à des juments témoins sans kystes, d'âge identique. La présence de kyste serait uniquement un indicateur de vieillissement.
Ainsi se dessune une catégorie de juments à risques. Ginther analyse ces juments subfertiles comme possédant un taux de perte très élevé entre J11 et J15 (en pratique courante, ces pertes sont plus souvent enregistrées comme des non-fécondations), intermédiaire entre J15 et J20 et normal ensuite. Leur endomètre abimé ne serait plus capable de sécréter les nutriments nécessaires au conceptus qui épuise ses réserves.
En pratique la prévention des pertes durant la gestation passe par la réforme:
- des juments de 15 ans et plus
- des juments à endométrite ou ayant déjà avorté


Age de l'ovocyte
Woods, 1990, a observé 19% (7/36) de pertes précoces entre J15 et J20 lors d'IA post ovulation contre 2% (1/42) pour les IA pré ovulation
Koskinen, 90, a également rapporté 38% (5/13) de pertes embryonnaires entre J16 et J25 pour les IA post ovulation contre 0% (0/13) pour les IA pré ovulation.
Hypothèse: on peut imaginer que l'ovocyte soit fécondé lors d'IA post ovulation après une phase d'attente plus longue que lors d'IA pré ovulation. Ceci dimi,nue les chances de fécondation et de survie de l'embryon en cas de fécondation. Cela pourrait provenir d'un décalage entre l'âge de l'embryon et la préparation hormonale de l'oviducte et de l'utérus à le recevoir.


Image échographique du conceptus.
Le taux de pertes embryonnaire et foetale sont plus élevés (35%-n=279 et 18%-n=130 respectivement) lorsque l'image du conceptus apparait anormale à l'examen échographique qu'en cas d'image normale (6%-n=2984 et 17%-n=2496). On entend par image anormale soit une vésicule de forume irrégulière , soit de petite taille


Stress
Le stress augmente le taux de cortisol circulant et consécutivement diminue la sécrétion de progestérone nécessaire au bon déroulement de la gestation. L'élévation des pertes suite à un stress n'a jamais été clairement démontrée. En particulier, Baucus a montré en 1990 que le transport (9heures par jour entre la 3è et la 5è semaine de gestation) diminue le taux de progestérone mais n'influence pas le taux de pertes. Van Niekerk, 1982, a également montré que le sevrage, la douleur (coliques) ou encore une maladie infctieuse déprime le taux de progestérone mais il n'a pas évalué le taux de pertes. Trois auteurs (Van Nickerk 1965, Henneke 1984 et Potter 1987) semblent s'accorder sur la sous alimentation très prononcée comme facteur de perte embryonnaire.

Supplémentation avec des progestagenes durant la gestation.
Certains auteurs observent qu'un taux bas en progestérone est souvent associé à une perte embryonnaire (Ginther et al 1985; Woods et Ball 1987). En revanche, d'autres études ne montrent aucune différence de niveau de progestérone entre des juments ayant avorté précocément et des juments gestantes (Chevalier et Palmer 1986, Papa et al 1994)
L'hypothèse la plus probable sur l'origine de cette baisse en progestérone serait la présence d'une endométrite provoquant une lutéolyse prématurée.
En pratique, la gestation peut être maintenue en l'absence d'un corps jaune à raison de 200mg/jour de progestérone ou de 44mg/jour d'Altrenogest du jour de l'ovulation jusqu'à 90 jours de gestation. Si on décide de placer une jument "à risque" sous progestérone, ce sont ces produits administrés aux doses ci-dessus qu'il convient d'appliquer, soit un coût moyen de 1500F. Aucune étude n'a montré que la mise sous progestérone entrainait une réduction dans la population traitée du taux de pertes embryonnaires. Il est donc déconseillé d'utiliser cette méthode de prévention des pertes de gestation en routine.


Avortement induit
L'induction de l'avortement chez la jument est pratiquée dans les cas suivants:
- gestatio ngemellaire
- saillie non désirée ou erreur sur l'étalon


La progestérone étant nécessaire au maintien de la gestation, la méthode usuelle consiste à supprimer sa sécrétion en lysant le corps jaune par l'emploi de prostaglandines. Cette méthode est moins efficace lorsque les corps jaunes des ovaires ne constituent plus l'unique source de progestérone, vers 90 jours.


Induction entre 5 et 36 jours de gestation
Le corps jaune est réfractaire aux prostaglandines durant les 5 jours qui suivent l'ovulation. Avant la formation des cupules endométriales (36-38è jour) et la sécrétion d'eCG (38-40ème jour) , une seule injection de PGF2a ou d'un analogue provoque l'avortement.
En pratique, il est préférable de faire avorter une jument en début de gestation (entre 5-6 et 34-35 jours post ovulation).
L'expulsion du foetus se produit par le col ouvert lors de l'oestrus induit. L'oestrus se produit 4 à 5 jours après l'injection. La fertilité est équivalente à celle des autres cycles.


Genther a observé par échographie des résorptions embryonnaires induites par injection de prostaglandine au 12ème jour post ovulation. L'embryon présente une phase de mobilité prolongée au del) de J17. L'embryon est généralement expulsé lors de l'oestrus suivant par le col ouvert.
En pratique de terrain, les signes précurseurs de perte embryonnaire sont rares puisque le plus souvent aucun signe visible n'est détecté au cours des examens précédents.


Induction entre 36 et 120 jours de gestation.
Les cupules endométriales sécrètent l'eCG jusqu'à 102 jours.


Plusieurs injections de prostaglandines sont pratiquées tout les 12 ou toutes les 24 heures jusqu'à constation de l'avortement. L'avortement est obtenu entre 2 et 10 jours en moyenne. La sécrétion de progestérone chute et celle d'eCG est maintenue. Le retour en oestrus est plus long que lors d'avortement avant 35 jours. Il n'est fécondant qu'après l'arrêt de sécrétion d'eCG.
Il n'existe aucun traitement permettant d'accélérer la disparition des cupules endométriales.


Induction après 120 jours de gestation
Plusieurs injections de prostaglandines sont pratiquées toutes les 12 ou 24 heures jusqu'à constatation de l'avortement.


Conduite à tenir en cas de perte de gestation
Toute constatation de perte embryonnaire (1er constat de gestation positif et 2ème constat négatif) doit être accompagné d'une injection de prostaglandine le jour de la constatation de la perte embryonnaire (jour du 2ème constat de gestation négatif). En effet, si la perte embryonnaire se produit après le signal embryonnaire (ver J12), le corps jaune n'est pas lysé et la phase lutéale persister. Ginther 1985 a observé que:
*29% (12/41) des juments ayant résorbé entre J11 et J20 se trouvaient en phase lutale persistante
*100% (8/8) des juments ayant résorbé entre J20 et J36 étaient en phase lutéale persistante.


Après J36, une perte embryonnaire est associée à la présence d'eCG jsuqu'à J110. La jument revient rarement en chaleurs et ne présente pas d'ovulation avant J110. C'est la raison pour laquelle un constat de gestation effectué vers J30-J36 et positif n'est pas confirmé ensuite puisque le risque de perte est fiable après cette date et que la mise à reproduction de la jument n'est plus possible durant la saison de monte.


Les avortements infectieux
Ils représentent 30 à 40% des avortements.
Avortement bactériens.
Les avortement bactériens représentent 25 % des avortement observés à l'Institut de Pathologie du Cheval (IPC) en Normandie. Ils se produisent entre le 5ème et le 11ème mois de gestation, plus fréquemment en fin de gestation.
La contamination par voie ascendante: les bactéries du vagin remontent dans l'utérus à la faveur d'une incompétence cericale, de lésions inflammatoires du placenta restent localisées autour du site de pénétration
pi âr voir jématogene: lors d'infection bactérienne générale, les bactéries accèdent au foetus et à ses annexes par l'intermédiaire de la circulation sanguine ou lymphatique de l'utérus, les lésions inflammatoires du placenté sont disséminés en foyers multiples.
Les principaux agents responsables sont les Streptocoques hémolytiques (37% des cas analysés à l'IPC), Escherichia coli (22%), Streptocoques sp (6%), Klebsiella sp (6%), Stapyloccys aureus (11%), Enterobacter agglomerans (2%) et autres (6%)
La lpetospirose peut provoquer des avortements lors du troisième trimestre de gestation dû à leptospira pomona.
Les signes cliniques précédant l'avortement sont souvent absents. Lorsqu'ils existent, il s'agit:
-d'un développement mammaire et parfois de sécrétions lactées.
- d'écoulements vulvaires,
-parfois de symptomes d'une maladie générale
Après l'avortement, on peut observer des écoulements et surtout une rétention placentaire avec les complications éventuelles d'endométrite et de fourbure.
Pour obtenir l'isolement du germe responsable à l'autopsie, les conditions idéales sont de fournir au laboratoire le foetus et ses annexes non congelés dans un délai de 6 heures après l'expulsion.


Avortements mycosiques
Ils représentent moins de 1 % des avortements observés à l'IPC. Ils se produisent entre le 5ème et le 10ème mois de gestation avec une fréquence maximale à proximité du terme. La contamination se produit par voie ascendante induisant une lésion placentaire située au niveau du col et une insuffisance placentaire avec expulsion d'un foetus de petite taille et émacié.
Les principaux germes responsables sont Aspergillus sp et Mucor sp.


Avortements d'origine virale.
Rhinopneumonie
La fréquence varie d'une année sur l'autre de 1 à 15%
L'agent responsable est un virus à type Herpes (EHV1 et EHV4). Parallèlement à la forme abortive, il existe une forme respiratoire et une forme nerveuse.
La contamination a lieu par voie respiratoire . L'avortement atteint des juments non protégées et contaminées pendant la deuxième moitié de la gestation ou des juments présentant dans leur organisme le virus à l'état latent et qui se réactive à l'occasion d'un stress.
L'avortement survient entre 4 et 10 mois de gestation avec une fréquence plus grande entre le 8ème et le 11ème mois. Parfois, le produit peut naitre vivant et mourir dans les 24-48 heures suivant la naissance.
%L'avortement survient souvent sans signes précurseurs. LA présence d'oedème entre l'épithélium du prophoblaste et l'endomètre entraine une séparation rapide du placenta. L'épithélium du foetus et la délivrance sont rapides, parfois simultanées. A l'autopsie, il est possible de diagnostiquer la rhinopneumonie par certaines lésions: pneumonie, petite tâches hémorragiques, oedème de la trachée et ictère. Le fois, le poumon et le thymus peuvent présenter des lésions histologiques spécifiques du virus. Le diagnostic peut être confirmé par la recherche d'anticorps fixant le complément (titre>1/8) et d'anticorps séroneutralisants (titre >1/64) dans le sérum de la jument ou de la majorité de l'effectif.
Le taux d'avortement dans un effectif vacciné n'est pas nul (entre 0 et 25%). Il est de 90 à 95% dans un effectif non vacciné.
Les principales sourves de virus sont représentées par
-les sécrétions nasales des foals et des yearlings atteints de forme respiratoire
-les avortons et leurs annexes
-les sécrétions génitales des juments avortées.
-les poulains infectés qui survivent quelques jours
- les porteurs latents


Il convient donc d'isoler toute jument présentant des signes d'avortement ou ayant réellement avorté (au minimum 1 semaine). Il convient également d'isoler tout équidé arrivant dans un élevage. Toutefois, la rhinopneumonie peut apparaitre dans un effectif sans qu'un cheval infecté ait été introduit mais simplement par réactivation du virus chez un porteur latent.
Il convient de séparer les juments gestantes des autres équidés de l'élevage. En cas d'effectifs importants, il est préférable d'entretenir les juments pleines en petits groupes séparés. Lorsque le même personnel soigne tous les équidés de l'élevage, il est conseillé de soigner les juments gestantes en premier


Artérire virale
L'avortement dans les 15 jours à 3 semaines qui suivent la contamination par le togavirus de l'Artérite virale n'a jamais été diagnostiquée en France.

Ouvrage: Gestion de la jument des Haras Nationaux