Environ 4 à 6 semaines avant la date présumée du poulinage, la jument doit être mise dans un lieu propre et sec à l'abri des intempéries. Un pré peut convenir s'il est bien drain, non surpaturé, et s'il possède un abri ou des arbres pendant les saisons pluvieuses et roides. Dans les régions à climat froid, des écuries bien ventilées avec des litières renouvelées et propres sont souvent utilisées pour rentrer les juments la nuit et pendant les périodes d'intempéries. Il est intéressant pour plusieurs raisons de placer la jument dans l'endroit où elle va pouliner. Cela lui permet de s'habituer à l'endroit ainsi qu'aux méthodes de manipulations des animaux qui y sont pratiquées. Pendant cette période, les juments sont dans l'environnement microbien qui sera celui du poulain à sa naissance et au début de sa vie, par conséquent, elle va pouvoir développer des défenses immunitaires adaptées et transmettre les anticorps correspondant au nouveau-né via le colustrum. La présence des juments dans les locaux de poulinage permet, en général, également une surveillance étroite de ces dernières, avec des observations fréquentes lorsque le moment du terme approche. C'est également à ce moment que les rappels de vaccination sont mis en place.
Avant le poulinage, il convient de nettoyer la mamelle de la jument et si cette dernière a une suture de la vulve, il faut effectuer une épisiotomie sur la ligne de cicatrisation afin d'éviter une déchirure vulvaire au moment du poulinage. Le box de poulinage doit être suffisamment vaste (au minimum 4.5*4.5m) avoir été lavé récemment et être pourvu d'une litière épaisse et de bonne qualité et être bien ventilé. Lorsque le temps le permet, la jument peut être mise dehors dans un petit paddock ou un petit pré pendantla journée. Au cours de la surveillance de la jument, en particulier la nuit, il faut veiller à éviter de la déranger. (Manuel de Reproduction Equine de Blanchard et al)

Boxe ou pré?

Une question que l'on se pose fréquemment est de savoir s'il vaut mieux laissé la poulinière mettre bas au pré ou au boxe.
Précédemment, on a beaucoup parlé du boxe.
Bien sûr, pour une jument vivant à l'année au pré, ce changement peut être assez déroutant. D'ailleurs, il y a des récits de juments qui se sont retenues pendant des semaines jusqu'au retour au pré. Il faut donc éviter de rentrer la poulinière juste avant la mise bas. Ci-dessus, nous avons vu qu'un délai de minimum 4 semaines était intéressant. Et si la jument est sortie chaque jour en paddock, cela limite considérablement son stress.


Pourquoi préférer le boxe? Une jument au pré peut ne pas accepter la présence de l'homme et rendre la surveillance difficile. Même si dans la majorité des cas le poulinage se passe extrêmement bien, il existe malheureusement des complications qui peuvent être dramatiques. Des accidents peuvent donc survenir aussi au pré. Il faut donc envisager le cas où la naissance se présente mal. Dans quel contexte avons nous le plus de chances de pouvoir le constater et surtout pouvoir intervenir? Les conditions matérielles pour une meilleure intervention, surtout de nuit sont celles permises par des installations tel qu'un boxe.
Toutefois, si vous souhaitez laisser la jument pouliner au pré, il faut la mettre dans un petit pré non loin d'une écurie.


Bien sûr, le boxe par son exiguité n'est pas sans risques. C'est pourquoi il faut qu'il soit suffisamment grand. Si ce n'est pas le cas, la surveillance est indispensable au cas où la jument se cale contre un mur. Ceci nous était arrivé pour la naissance de Perle. A cette époque, Divine était en pension chez des agriculteurs, sortie la journée sur un pré, la nuit dans un petit boxe (<9m²). Nous avons eu la chance d'assister à la naissance. Cette nuit là, Divine s'est coincée contre un mur, nous l'avons donc tirer pour la dégager et permettre à la naissance de se faire sans encombre.
"Le boxe doit avoir des parois lisses, sans aspirités, afin d'éviter toute blessure au poulain. Il bénéficiera d'un bon éclairage, sans fils ni commutateurs accessibles aux chevaux. Si l'on ne dispose pas d'abreuvoir automatique, on veillera à ce que le bac à eau ne puisse en aucun cas mettre en danger la vie du poulain nouveau-né, en particulier lors de ses premières tentatives pour se mettre debout, alors qu'il est encore chancelant et presque aveugle.
Il est souhaitable que la porte du boxe comporte un volet supérieur permettant une obturation totale, surtout si la naissance intervient dans ue période de temps frais car, durant les premières vingt quatre heures, le jeune poulain est très sensible aux courants d'air.
Paillez abondamment, en "bateau", c'est-à-dire en faisant remonter la litière le long des parois et devant la porte. En effet, l'un des risques majeurs du poulinage au boxe est que la jument se couche trop pres d'un mur pour y prendre appui, empêchant ainsi la délivrance du poulain. Elle pourrait aussi le blesser en se relevant au moment où seuls les antérieurs et la tête sont sortis. Il faut également s'assurer que les pattes du poulain ne risquent pas de se coincer dans la porte. C'est bien souvent pour cette raison que certains éleveurs optent pour le poulinage au pré où la jument, une fois couchées, a moins de risques de rencontrer un obstacle." (Extrait de l'Education du poulain de Nathalie Pilley-Mirande et al.)



Au cours de ce dernier mois de gestation, des examens cliniques réguliers de la poulinière doivent être conduits afin de remarquer les changements physiques indiquant l'approche de la mise-bas. Ces changements physiques annonciateurs du part sont le développement d'un oedeme et d'une relachement de la vulve, de discrets écoulements vulvaires, un relachement des ligaments du bassin, un gonflement de la mamelle, et des modifications de sa sécrétion constituent les meilleurs indicateurs de l'imminence d'un poulinage. Le développement de la mamelle commence à devenir visible au cours du dernier mois de gestation, et plus particulièrement au cours des deux dernières semaines. Le gonflement des trayons par la sécrétion mammaire et les modifications des caractéristiques de cette sécrétion se produisent à un moment encore plus proche de la mise-bas. Classiquement, l'engorgement de la mamelle devient marqué dans les derniers jours avant le poulinage. Des gouttes de sécrétion d'aspect cireux commencent à soudre à l'extrémité des trayons et s'y désechent un peu. Ces gouyttes collantes qui persistent à l'extrémité des trayons sout souvent désignés par le terme de gouttes de cire, on dit alors que la "jument cire". Ce précolostrum appariat habituellement 1 à 4 jours avant le poulinage, mais il peut parfois être observé bien avant jusqu'à 2 semaines avant la mise bas. A l'inverse, certaines juments n'ont aucune sécrétion du tout jusqu'au moment de la parturition. Quelques rares fois, il arrive qu'une jument présente un écoulement spontané de lait plusieurs jours à quelques semaines avant le poulinage, cela concerne alors des juments multipares. Cette lactation prématurée est à l'origine de la perte de colostrum et au moment de la naissance, la sécrétion mammaire aura perdu une grande partie de sa richesse en immunoglobulines.
Un bon outil pour essayer de prédire le moment du poulinage repose donc, sur l'appréciation des modifcations des caractéristiques des sécrétions de la mamelle. Au fur et à mesure que le moment de la mise-bas approche, la sécrétion persd son aspect liquide limpide presque transparent pour prendre une coloration jaune paille et devenir de plus en plus épaisse et sirupeuse avec une teinte jaune orangée pour finalement avoir un aspect lactescent. Chez certaines, la transition est très rapide et l'étape jaune orangée sirupeuse peut ne pas être observée. Un colostrum de bonne qualité en immunoglobulines doit renfermer au moins 60g/L d'immunoglobulines de type G (Ig G). Bien que toutes les juments ne produisent pas un colostrum jaunatre et visqueux, une étude menée en France semble indiquer que la sécrétion d'un colostrum jaunatre et visqueux serait un gage de bonne qualité immunoglobulines et les colostrums jaunes auraient un taux d'Ig G plus élevé que les colostrums blanchatres, les colostrums visqueux auraient également une plus forte concentration d'Ig G que ceux limpides.
L'évolution des concentrations en électrolytes des sécrétions prépartum de la mamelle e est apparemment un bon reflet de la maturité et de la viabilité des foetus, indiquant qu'ils sont prêts à naitre. Les taux de certains ions , en particulier ceux de calcium et de magnésium dans les sécrétions mammaires prépartum augmentent, notamment au cours des deux à quatre derniers jours avant la parturition. De nombreuses méthodes peuvent être utilisées pour doser la concentrationde calcium dans les sécrétions mammaires prépartum. Toutes ne nécessitent qu'une toute petite quantité de la sécrétion prélevée une à deux fois par jour afin de suivre les modification de cette concentration. Lorsque cette dernière dépasse la valeur de 10mmol/L (valeur mesurée par spectrphotométrie de masse), 92% des juments (10/11) poulinent spontanément dans les 1 à 6 jours qui suivent (Peaker et al., 1979). Un test est disponible sur le marché (Predict A foal test Mare foaling predictor kit, animal health care products) et mesure à la fois les concentrations de calcium et de magnesium. Lorsque seulement une seule des cinq zones réactives change de couleur, la jument n'a que 1% de chance de pouliner dans les 12 heures qui suivent. Lorsque 4 des 5 zones réactives changent de couleur, la jument a 80% de chance de mettre bas dans les 12h qui suivent. Un test colorimétrique, également disponible commercialement (Foal Walch test kit, CHEMetrics, Inc) a été adapté pour doser les concentrations de carbonate de calcium dans les sécrétions mammaires des juments avant le poulinage (Ley et al, 1998). Après avoir dilué 1,5mL de la sécrétion avec 9mL d'eau distillée, Ley et coll ont fixé comme seuil de concetration 200ppm dans ce colostrum dilué au 7è. Si la concentration dans l'échantillon est inférieure à ce seuiil ,cela indique que la jument ne va pas pouliner dans les 24 heures; l'essai effectué par Ley et al a permis d'observer que seulement 1% des juments ont mis bas avec une concentration de calcium faible. Lorsque la concentration dans le colostrum dilué est supérieure à 200ppm, 97% des juments ont pouliné dans les 72 heures qui ont suivi. La plupart des juments chez lesquelles ce test est mis en place poulinent rapidement, lorsque le taux de CaCO3 atteint une valeur comprise entre 300 et 500ppm.(Manuel de reproduction Equine de Blanchard et al.)



Derniers jours avant la naissance: les signes précureseurs
Ils sont donc de trois types: transformation progressive du corps de la jument, formation des mamelles (l'indice le plus fiable), changement dans son comportement.
Ces signes sont plus ou moins visibles selon les juments, parfois à peine perceptibles, surtout pour le novice, voire même inexistants, ce qui ne facilite pas les choses! Mais dans le cas d'un second poulinage, certains détails devraient mettre la puce à l'oreille du propriétaire attentif qui avait pris soin de noter le déroulement de la précédente gestation.


Le corps de la jument.
Le foetus devenu lourd. Plus la naissance approche, plus on voit la jument "se creuser" au niveau du dos, des reins et des muscles situés entre la croupe et la queue. Elle semble avoir de la peine à marcher.
Les derniers jours, le poulain se déplace vers l'arrière. Par moment, on peut même deviner ses mouivements. La jument elle-même manifeste sa surprise devant cette agitation en regardant ses flancs. Peu avant le poulinage, il va se retourner sur lui-même, le dos se mettant en position supérieure dans le cas d'une présentation normale.
Les changements successifs de positifion du poulain influent sur l'appétit de la jument, suivant la pression plus ou moins forte qu'exerce le foetus sur son estomac. Il est d'ailleurs souhaitable, dans les derniers jours, de diminuer légèrement la ration alimentaire - ce qu'elle accepte, en général, très volontiers. Mais elle disposera à volonté d'une bonne eau, bien fraiche, qui assurera une bonne lactation. La vulve se détend légèrement, les muscles fessiers se relâchent. Souvent, l'anus devient proéminent; la jument porte presque constamment la queue haute en marchant de long en large.



Les mamelles
Dans les semaines qui précèdent la naissance (2 à 6 semaines, suivant les cas), la "veine de lait" apparait, en avant des mamelles, elle se gonfle et atteint peu à peu les mamelles elles-même. Petite à petit, celles-ci se remplissent et deviennent de plus en plus fermes. Dans le courant de la journée, lorsque la jument prend de l'exercice, elles perdent leur volument et leur consistance pour grossir à nouveau pendant le repos nocturne au box. Cette transformation est plus ou moins longue et plus ou moins régulière selon les juments.
Si la jument se laisse faire (ce qui n'est pas toujours le cas), pn peut se rendre compte de "l'état d'avancement des travaux" en appuyant légèrement sur le bout de la mamelle, lorsque celle-ci semble pleine: si rien n'apparait, il faudra encore patienter, si un liquide incolore s'écoule, c'est en bonne voie, mais ce n'est pas imminent: le liquide devient il blanchatre? Renforçons notre surveillance: tout peut évoluer si vite; s'il est blanc, il n'y en a que pour quelques jours... à moins que ce ne soit pour la nuit prochaine! Bien entendu, tout ceci est théorique. Certaines juments sont "hors normes" réservant la surprise jusqu'au bout. Cependant le poulinage ne peut avoir lieu dans de bonnes conditions tant que les mamelles ne sont pas bien pleines.
Lorsque la tétine (le bout de la mamelle) devient ferme et bien proéminente, et non plus " en creux", une goutte de cire jaune translucide peut apparaitre: la naissance est alors toute proche (quelques haures ou exceptionnellement 1 à 3 jours). Dans les dernières heures, le lait peut perler ou même couler sur les jambes de la jument, surtout si elle a déjà pouliné plusieurs fois. Si ce n'est déjà fait, il devient urgent de pailler le boxe!... Dès ce moment, il faut éviter de toucher aux mamelles, pour des raisons d'hygiène mais aussi pour éviter que le lait ne coule de manière plus abondante.
Dans tous les cas, la jument doit conserver jusqu'au dernier jour la possibilité de prendre de l'exercice en liberté, tout en bénéficiant d'un environnement paisible.


Le changement de comportement.
Les derniers temps, la jument devient inquiète et agitée. Elle s'isole fréquemment et n'aime pas qu'on la dérange. Elle peut même devenir agressive envers les autres chevaux ou envers les humains. Elle marche beaucoup, regarde ses flancs, se couche, se relève, se roule. Peut être même la verra-t-on s'allonger et pousser comme pour mettre bas. Cette "gymnastique" a pour but d'aider le poulain à se mettre en bonne position pour sa sortie future.
Le propriétaire néophyte est souvent désemparé par son comportement et se demande quelle attitude adopter. Cela dépend en grande partie des réactions de la poulinière: si elle reste près de lui quand il vient la voir, il faut lui parler, la rassurer, la caresser doucement, si elle s'éloigne dès qu'il s'approche, c'est qu'enne n'a pas envie d'être dérangée. Mieux vaut respecter sa tranquillité... Tout en surveillant de loin! Chaque jument gestante a sa propre façon de réagir: certaines deviennent "collantes" et d'autres, au contraire, "grincheuses". Il arrive qu'une jument habituellement proche de son propriétaire soit moins aimable lorsqu'elle approche du terme. Qu'il se rassure, ces sautes d'humeur sotn aussi fréquentes que passagères, surtout chez les primipares. D'ailleurs, il est bien connu que le fait de pouliner améliore souvent le caractère des juments.



Achever les préparatifs.
N'attendons pas le stress des derniers instants pour nous assurer que tout est prêt pour accueillir le poulain.
Au pré
Quel que soit l'endroit choisi pour le poulinage, la mère et le poulain auront très vite besoin de prendre de l'exercice au pré. Il est indispensable d'avoir scrupuleusement vérifié les clôtures et rajouté éventuellement un troisième ruban en bas pour empêcher le poulain de passer dessous. La moindre brèche ou l'absence de courant dans les rubans électriques sont une source d'accident pour le poulain. En effet, il pourrait être tenté de franchir les limites de son enclos. Bien entendu, les barbelés et grillages à mouton sont à proscrire (ceci est d'ailleurs valable en toutes circonstances, quel que soit l'âge des chevaux).
Au boxe
Si la naissance doit avoir lieu au box, il est souhaitable d'habituer la jument à y passer la nuit une ou deux semaines avant la date présumée pour éviter que le changement d'environnement ne la perturbe. Sachant dun' naissnce précoce est toujours possible, à fortiori si on ne connait pas exactement ses "habitudes", le box aura été abondamment paillé plusieurs jours à l'avance.


La trousse de premiers soins
Pour ne pas être pris au dépourvu, préparons une trousse à pharmacie comprenant:
-de la teinture d'iode ou de la Bétadine
-des gants jetables (normaux ou, mieux, gynécologique)
-des ciseaux stérélisés
-un grand sac plastique pour recueillir le placenté
-Une bande de queue (ou un gant gynécologique qu'on enfile et qu'on retourne sr la queue en le fixant avec un adhésif
-des serviettes
-de l'huile de paraffine et une seringue pour administrer en cas de besoin
-un vermifuge pour le lendemain du poulinage
-et un port-it avec le numéro de téléphone du vétérinaire.

Le jour (ou la nuit) de la naissance
Dès que le bouchon de cire apparait ou que le lait commence à couler, la naissance peut intervenir à tout moment: il est alors prudent de mettre une bande de queue à la jument, de rajouter de la paille fraiche à la litière et d'avoir la trousse de soins à portée de main, de se renseigner sur les vétérinaires de garde...et de se préparer à passer une ou plusieurs nuits de veille.
Faut il être présent ou non
Dans la nature, la jument se débrouille très bien toute seule. Il n'empêche qu'on peut vouloir assister au poulinage pour deux raisons, ne pas rater ce moment magique et être en mesure d'intervenir en cas de probleme.
Le meilleur conseil qu'on puisse donner à l'éleveur novice est de se faire le plus discret possible, de se faire "oublier" et comme on le verra au chapitre suivant, d'intervenir uniquement en cas de nécessité, à des moments bien précis.
%Chaque jument a ses préférences: l'une tarde à pouliner tant qu'elle sent une présence humaine, même derrière la porte du boxe; l'ayutre, plus proche de son maitre, a besoin de sa présence sécurisante et peut même se "retenir" jusqu'à son arrivée. Nous en faisons tous les ans l'expérience et apprécions à sa juste valeur cette extraordinaire marque de confiance.


Il est important que la jument soit dans un environnement calme. Si l'on se sent soi-même un peu tendu, ce qui se comprend aisément, il est préférable de se tenir à distance en cette période d'attente: la jument, très sensible à l'état d'anxiété de son entourage, pourrait différer le poulinage ou faire une pause si le processus est déjà entamé.
L'attiteu à adopter dépend avant tout des conditions matérielles et des moyens dont on dispose. L'éleveur amateur est rarement équipé d'une caméra de surveillance, ce qui est, bien entendu, l'outil rêvé en de telles circonstance. A défaut, il peut, si le boxe est suffisamment proche de sa maison, installer un "écoute-bébé" (consituté d'un émetteur et d'un récepteur sur pile ou secteur) qui lui donnera quelques indications précieuses sur le comportement de la jument tout en évitant de la distraire trop souvent.
SI la naissance ne parait pas imminente, l'éleveur peut se contenter de se lever à intervalles réguliers durant la nuit pour aller observer discrètement... avec toutefois le risque de rater le poulinage. Il peut aussi, si cela est possible, dormir dans un box contigu d'où il peut apercevoir la jument sans que celle-ci s'en rend compte.
Dans tous les cas, il faut s'armer de patience. L'attente peut être longue et certaines juments déjouent tous les pronostics. Une surprise est possible à tout moment. Fatigués par une nuit de mauvais sommeil, combien d'éleveurs ne font ils pas, au lever du jour, une "pause-caf" d'un quart d'heure à peine, pour découvrir, à leur retour, un poulain au fond du boxe?
(Education du poulain, Milley-Pirande et al)


Personnellement, mes chevaux sont sortis toute la journée et sont rentrés au boxe pour la nuit. Ce sont donc de très bonnes conditions pour pouliner. LE boxe de Divine fait 5*3 ce qui est suffisant pour que cela se passe bien. Nous allons installer une caméra de vidéosurveillance que nous allons recevoir ce qui permettra de la surveiller de "chez nous" sans la déranger. De plus pour prévoir plus précisément la date de poulinage, j'ai acheté des bandelettes pour tester la dureté de l'eau soit sa teneur en calcium. Par le nombre de cases qui changeront de couleurs, j'aurai une indication sur l'imminence du poulinage. J'aurai à l'avance préparé tout ce qu'il faut pour effectuer les premiers soins et ne pas oublier le numéro de téléphone du vétérinaire au cas où il y ait une complication.

Poulinage et poulain nouveau dans Gestion de la jument des Haras Nationaux

Mise bas: préparation, déroulement et induction

La durée normale de gestation chez la jument est de 320 à 360 jours, ce qui représente une grande variabilité entre les juments. Avant 320 jours, on considère que les poulains sont prématurés. A terme cependant, certains poulaines peuvent ressembler à des poulains prématurés, c'est à dire qu'ils sont nés avant la date physiologique prévue de leur naissance, ils sont appelés dysmatures.

Préparation au poulinage.

Endocrinologie

Chez la jument, l'augmentation progressive de la concentration des progestagenes plasmatiques à partir de 310 jours de gestation environ s'accompagne de la préparation de la mamelle: augmentation de taille puis sécrétion de liquide clair. Le rôle exact des progestagenes est inconnu mais il est possible qu'ils soient impliqués dans le déclenchement de la mise-bas. Pendenat ce temps, les concentrations des oestrogenes diminuent.
A partir de deux semaines environ avant la naissance, on note une augmentation du métabolisme des prostaglandines entrainant l'activité du myomètre qui va aller en s'amplifiant. La relaxine, sécrétée par le placenta, augmente aussi progressivement dans les derniers mois de la gestation: elle permet la relaxation des ligaments en induisant des changements dans le tissu conjonctif et contribue à l'effacement du col. Dans la semaine qui précède la mise-bas la concentration en prolactine s'élève et il est généralement admis qu'elle participe au développement mammaire et à la montée de lait comme cela a été démontré dans les autres espèces.
Pour le foetus, l'augmentation tardive de l'activité de la glande surrénale en fin de gestation se traduit par l'élévation des concentrations de cortisol dans le sang foetal, entrainant la maturation finale des organes vitaux. L'hormones thyroidienne tri-iodothyronin (T3) augmente de façon concomitante et participe à la maturation du foetus.
Le poulinage est précédé de quelques heureus d'une augmentation considérable des prostaglandines avec le début des contractions. Juste avant la rupture des eaux, l'ocytocine commence à être sécrétée: elle déclence ainsi la phase d'expulsion du foetus. Le pic de relaxine est aussi noté qui agit en synergie.


Prévision de la date de la mise-bas grace aux sécrétions mammaires


Dans les semaines qui précèdent le poulinage, la mamelle commence à se remplir et on peut rapidement obtenur une sécrétion lactée claire. On dit que la mamelle "se fait". Les modifications d'apparence constituent un bon critère de prédiction du poulinage:
*sécrétion transparente et très liquide au début
*sécrétion grise et un peu collante: commencer la surveillance du poulinage, rentrer la jument dans un boxe de poulinage
* sécrétion blance et visqueuse: poulinage imminent pouvant survenir dans les heures qui viennent.


La préparation au poulinage est accompagnée d'une modification de la composition électrolytique de la sécrétion lactée: les concentrations en calcium et potassium restent stables au départ puis elles augmentent en même temps que la concentration en sodium diminue. Un système pondéré qui prend en compte la mesure des concentrations en sodium, potassium et calcium des sécrétions mammaires peut permettre d'estimer la date du poulinage à un ou deux jours pres. Pour chaque électrolyte, on attribue un nombre de points différent selon la concentration. Lorsque le total des points obtenus est supérieur à 35, on estime que la jument va pouliner dans les 1 ou 2 jours qui suivent.


De façon plus pratique et moin onéreuse, on peut aussi utiliser des bandelettes colorées (bandelettes semi-quantitatives pour estimer la dureté de l'eau). Un millilitre de sécrétion mammaires est dilué dans 5 millilitres d'eau distillée. Après mélange, on insère la bandelette une seconde puis on attend une minute que la réaction colorée se fasse. Lorsque 4 zones ont viré au rouge/violet, on peut estimer que la jument va pouliner dans les 24-48 heures.


Ces techniques sont très fiables chez les juments de sang (estimation de la date du poulinage dans les 24-48 heures), bien que les primipares puissent pouliner un peu plus tôt que prévu et que les juments ayant eu de nombreux poulains aient tendance à pouliner un peu plus tard. Pour les ponettes, les critères sont un peu moins fiables (les changements sont souvent très rapides). Il y a peu de données sur son utilisation chez la jument de trait. CEtte technique ne peut pas non plus être utilisée chez les juments qui perdent du lait de façon conséquente avant le poulinage.


Autres méthodes pour s'assurer de la présence d'un assistant lors de la mise-bas


Peu avant le poulinage, certains juments présentent aussi des signes de colique, d'agitation et la vulve s'allonge. Dès que le poulain passe dans le canal cervical, les lèvres de la vulve s'écartent. Cette ouverture mécanique peut être détectée grace à des appareils spéciaux qui sont cousus aux lèvres de la vulve ou mis en place dans le vagin quelques jours avant la mise-bas. Au début du poulinage, l'appareil se déclenche et une sonnerie alerte le gardien ou le propriétaire par l'intermédiaire d'un interphone. Ces méthodes présentent l'inconvénient d'être onéreuses et elles ne sont pas fiables à 100%. De plus, dans certains cas le dispositif irrite la jument. Dans les grands haras où se trouve un nombre élevé de juments, des caméras vidéo peuvent être installées dans les boxes de poulinage qui permettent d'assurer une surveillance continue.