Comme chaque matin, un pansage. LA miss se laisse faire, immobile. Je prends les pieds. Il lui arrive de bouger d'un pas ou deux. Ca devient rare. Mais comme toujours je ne lache que quand elle est calme et sage. Ensuite, je félicite. Finalement, je demande quelques secondes d'attention et de délicatesse et je fais une pause gratouilles de 30 secondes. Ensuite, je m'occupe de la tête. Ca vient bien. Puis je mets le licol et nous partons pour le paddock. Etrangement, alors qu'au paddock, elle court en rond proche de sa mère, elle accepte de me suivre bien facilement.
Au paddock, avec Divine

Le soir, je me suis amusée à mettre la bache sur Divine afin d'habituer progressivement Topaze. Je n'impose pas le contact mais elle doit bien l'accepter d'elle même, aller a contact si elle veut rester proche de maman. C'était drole car je me demandais si elle reconnaissait réellement Divine. Bon, je pense que oui vu que l'odeur et le goût ne changent pas. En plus, la bache n'était que sur le dos. Là, où je pousse plus loin la désensibilisation, c'est que déjà il y avait du vent. Donc par moments, la bache venait buter contre elle. Au début, elle s'en effrayait puis plus rien. Et j'ai été plus loin... ben oui, la bache était pendante et miss Topaze souhaitait têter. Elle a été obligée d'accepter de passer sa tête sous la bache pour têter! Bonne désensibilisation. Ensuite la bache est naturellement tombée: pas de réaction de fuite. Elle apprend donc que la bache n'est pas négative, que même si elle bouge, elle ne représente pas un monstre menaçant. Et en allant jusqu'à têter, elle pourrait presque l'associer à du positif.

La bache qui vole




Perle qui s'approche

Divine menace

Les chevaux sont des animaux de proie, ils ne doivent leur salut qu'à leur instinct de fuite. Mais pas uniquement. En effet, il vaut mieux prévenir que guérir. Et donc éviter de se faire repérer par des proies. C'est pour cela qu'ils sont si silencieux et communiquent princiapelement par un langage du corps subtil. Les signaux peuvent nous échapper à nous humains, espèce si différente. Mais c'est subjugant de voir Topaze réagir à chaque changement de Divine. C'est ce que j'ai remarqué de suite. Elle observe Divine pour savoir ce dont elle doit se méfier et ce qui n'est pas dangereux. Comme Divine n'aimait pas être dérangée au début quand on entrait dans son boxe, Topaze allait avec elle au fond du boxe rendant notre approche plus difficile. Les jours aidants et les réactions de Divine n'étant pas fortes (loin de là, ça a changé). Mais Topaze l'observe lors de cette approche de Perle pour savoir si elle doit se préparer à fuir ou non.

Que de vent!

Elle s'en rapproche


Autodésensibilisation avec la bache en mouvement. Elle s'inquiète quand les bourrasques de vent font que la bache vient au contact. Mais constatant que Divine est on ne peut plus zen, sa frayeur reste très limitée.





Perle a du mal à résister. En effet, elle aime jouer avec la bache et aimerait bien mieux connaitre Topaze

Topaze qui voit cette bache onduler au vent tel un prédateur

Mais elle ose quand même têter

Même pas peur

Je préfère laisser faire les désensibilisation en auto-désensibilisation. En effet, quand nous faisons nous même, nous pouvons nous tromper, mal lire les réaction du cheval et aller trop loin l'amenant à fuir ce qui nous pose face à un dilemne: si nous renonçons nous apprenons au cheval qu'en bougeant il se débarasse de tout dérangement. Il va donc bouger plus vite et plus fort. Si nous maintenons notre stimulus alors qu'il entame sa fuite, nous pouvons décupler ses réactions de défense. Tout l'art et le tact est de savoir accompagner le mouevment du cheval avec un stimulus amoindri est présent. Mais bien sûr, encore mieux, tout l'art consiste à ne pas amener le cheval a avoir besoin de fuir.
Dans l'auto désensibilisation, le cheval va à son rythme. Il gère lui même sa peur, observe, prend son temps. De plus, Topaze observe depuis sa naissance Divine pour discerner les objets dangereux de ceux qui ne le sont pas. Si Divine porte la bache sans aucun stress, sans fuir... en étant zen, Topaze va identifier la bâche comme objet neutre = pas d'inquiétude à avoir. Elle va donc plus naturellement accepter de s'en approcher. La désensibilisation s'effectuera d'autant plus facilement. Une bonne expérience acquise qui va encore concourir à rendre Topaze plus zen, plus sûre d'elle.



La bache bouge provoquant du bruit. Elle est au contact de cette bache mouvante et bruyante. En plus, elle a la tête dessous, elle ne voit plus rien et accepte l'idée de ne plus observer son environnement. Elle n'est plus sur le qui vive. Elle devient zen


Voilà ce que cela donne quand Topaze tête. Je ne pense pas que l'on puisse dire qu'elle soit très délicate. Elle donne de forts coups de tête dans les mamelles. Mais c'est comme cela que le lait vient. Divine prend sur elle mais par moments la menace. Dur la vie de poulinière!

Et pense ensuite à prendre soin de son corps

Plus tard, elle s'est intéressée au sable. Ah que ces jambes sont démesurément grandes!

La voyant machouiller le sable, par la suite, je lui en ai interdit l'acces

Mais même ailleurs la terre est très basse

Puis, elle va renifler Perle. Elle prend de l'assurance eet poussée par sa curiosité naturelle, elle va au contact des autres membres de sa famille



Elle met le pied sur le cerceau. Pas de soucis

Puis, c'est l'heure de jouer!

elle va trop vite!

Pégaze!

















Middle qui observe

Le petit bolide





Timide?

Oups, frèrot qui s'approche

Elle retourne d'elle même à la bache

Plus tard, tour habituel de paddock. A l'aller, comme souvent, j'ai besoin de mettre la longe de croupe. Forcément puisqu'on s'éloigne du retour, du boxe... Mais je fonctionne sous contrats. Je ne suis pas en permanence à solliciter et faire pression. En général, il suffit que ça la touche comme une caresse et que mon attitude l'invite à me suivre pour qu'elle me rejoigne. Je l'arrête au milieu de la longueur pour une première pause qui permet de faire que la tension reste basse (pas de stress). Puis nous repartons. Elle marche bien. Arrivée au bout, nouvel arrêt. Cette fois, je reprends la longe normalement et elle me suit comme une chef, longe détendue. Je lui demande deux arrêts dans la dernière longueur. Franchement, elle m'épate. Elle apprend extrêmement vite, preuve qu'elle est en confiance et me respecte (un cheval ne peut apprendre que si l'environnement est bon). Elle s'arrête suffise que je lève ma main en faisant un pas dans sa direction. Elle reste arrêtée alors qu'avant elle ne tenait pas en place. Je vais la féliciter en maintenant ma demande d'arrêt qu'elle respecte! Gros progres! Puis quand je l'invite à me rejoindre, elle répond de suite. Je n'ai besoin d'aucune action sur la longe. A un moment ,je la sentais presser le pas. Je lui ai demandé de ralentir. Elle s'est en fait arrêtée, j'étais aux anges. Nous repartons et là elle se dépêche puis vient buter sur la longe. Sa réaction a été de reculer vivement perpendiculairement et de s'arrêter. J'ai été bluffée. Je suis allée la rejoindre et la féliciter. Puis nous avons pousuivi calmement. Elle a attendu patiemment que j'ouvre la barrière. J'insiste sur patiemment car la patience n'est pas son fort comme elle était sujette à du stress permanent. Elle évolue vraiment bien de ce côté. La pile électrique s'apaise. Elle apprend à apprécier les pauses arrêtées. Bref, un ange!


En vidéo. On voit encore que quand Divine est trop proche, c'est plus compliqué. Mais on y arrive. JE demande l'arrêt: ok. Je vais à elle. C'est très important, j'aime que mes poulains apprennent que l'homme vient à eux. Ca les rend plus respectueux, moins envahissants ce que je confirme en demandant qu'elle ne me suive pas de suite quand je m'éloigne mais à mon signal. Bien sûr, au début, les arrêts sont cours mais petit pas à petit pas on augmentera leur durée jusqu'à une valeur symbolique de 10 secondes. Cela contribue aussi à apprendre la patience au poulain.