Dès la naissance, le préparer au mieux
Par Nathalie le vendredi 21 avril 2006, 05:00 - Sevrage - Lien permanent
Eh oui, dès que le poulain nait (et encore si ce n'est pas avant), j'imagine le sevrage, j'y réflechis pour le mener de manière optimale...

Le sevrage= privation du contact de la mère, privation de la têtée
(lait).

Privation de choses si indispensables au poulain nouveau né. Il faut donc
attendre qu'il soit suffisamment grand, forcit, indépendant pour réaliser cette
privation. Car:
Le lait maternel : indispensable !
Rappel:
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Un élixir de santé

Le principal pour le poulain, tout de suite après sa naissance, est le lait
maternel. Le premier lait maternel apporte au nouveau né les anticorps
nécessaires pour combattre
les germes inhérents à son cadre de vie et lui garantit sa survie. L'intestin
du poulain peut, seulement 36 heures après la naissance, filtrer les anticorps
à travers ses parois.
C’est pourquoi le décès de la jument lors de la naissance entraîne souvent le
décès du poulain.
Certains éleveurs expérimentés ont toujours à disposition, dans leur
congélateur, du premier lait maternel de l'année passée en cas de nécessité. Le
lait de nourrice est très difficile à trouver. Un aliment de remplacement
existe pour alimenter au moins quelques heures le poulain si la mère ne
l'accepte pas encore. A part le lait, le poulain n'a besoin de rien d'autre à
ce stade. Ce qu'il y a de meilleur lui est proposé par sa mère !
Dès que le petit aura trouvé le pis, il tétera toutes les 20 à 30 minutes.
Après sa naissance, son instinct le dirigera vers l'angle formé par le ventre
et les postérieurs de la mère. Si cette recherche devait se prolonger, il est
conseillé d'aider le poulain en le guidant vers le pis.
En cas de problème, on peut toujours traire le lait de la jument et le donner
au poulain affaibli, au biberon !
Lorsque le petit cheval est rassasié, le lait continue de couler. Le fait de
téter active continuellement la production de lait et maintient l'écoulement de
ce dernier.
Si le poulain est malade, il est impératif de traire la jument afin que la
source de lait ne se tarisse pas. Le poulain tétera jusqu'à son sevrage.
Mais le lait devient très vite un aliment complémentaire, tenant plus du lien
psychologique notamment par le biais des phéromones qui apaisent et rassurent
le poulain. Phéromones sécrétées justement au niveau des mamelles de la
jument.
Le passage à l'herbe

Les vitamines proviennent essentiellement de l'herbe…
Après 8 à 10 jours, le poulain accompagne sa mère au pré et commence à brouter
quelques brins d'herbe. De cette façon des fibres alimentaires arrivent dans
l'estomac et provoquent lentement le processus de digestion. Si la jument est
nourrie avec des céréales, le poulain essayera ces aliments après 4
semaines.
Néanmoins, il ne prendra que de petites quantités et y trouvera lentement goût.
Après environ 10 semaines il sera possible de donner au petit une alimentation
d'élevage dans une mangeoire séparée. La bonne hauteur de cette mangeoire est
primordiale afin que le poulain puisse l'atteindre. De plus, il ne faut laisser
qu'une petite ouverture pour la bouche du poulain, sinon la mère ne se privera
pas de manger avec lui. Les rations pourront être lentement augmentées, en
allant d'une poignée jusqu'à 500 grammes par jour. Toutefois, il reste
important de mettre le jeune cheval au pré afin de couvrir son besoin en
vitamines.
A chaque fois qu'on nourrit un poulain, il faut bien se souvenir que par une
suralimentation en céréales on a que rarement obtenu des chevaux de selle
résistants et capables de porter une charge !
Pourquoi sevrer?
Généralement, les éleveurs sèvrent au plus tôt (5-6 mois) afin de ne pas
fatiguer la mère nourricière qui bien souvent est gestante, mais aussi afin de
libérer de la place dans leurs écuries, afin de diminuer le coût de production
du poulain et afin de le vendre au plus vite pour récupérer au plus vite le
bénéfice de leur investissement.
A bien y considérer, l'intérêt du poulain, lui, n'est aucunement
considéré.
L'homme sèvre tôt par facilité. C'est vrai que garder une poulinière en état
surtout si elle est gestante et allaitante est nettement plus compliqué. Mais
personellement, j'ai fait le choix de ne pas sevrer aussi tôt. Certes cela
m'oblige à suivre de très pres la relation de Divine. Mais je le fais dans
l'intérêt du poulain afin d'éviter des traumatismes psychologiques qui
pourraient avoir des conséquences en termes de troubles du comportement à l'âge
adulte...
Quand ?
Dans la Nature, le sevrage du poulain se fait sur l’initiative de sa mère,
souvent juste avant la naissance d’un autre petit. Si bien que l’on peut y
voir, des jeunes téter encore à 2 ans ! Par contre quand elle a décidé que
c’était fini, elle ne l’envoie pas dire à son petit, et celui-ci n’insiste
d’ailleurs pas longtemps.
En élevage, la rationalisation économique veut que l’on sèvre le poulain à 6
mois, afin que la poulinière suitée, puisse être re-saillie le plus vite
possible …
Le sevrage forcé et brutal opéré par beaucoup est sans aucun doute source d’une
détresse profonde (autant pour la mère que pour le poulain !) et aboutit à un
traumatisme important qui peut marquer de façon irrémédiable le mental d’un
cheval. Et il n'y a pas que l'aspect psychologique, les hsitoires de poulains
se blessant en franchissant les clôtures, en tentant de sauter les portes de
boxe, ou lorsqu'ils se cabrent contre les murs ne sont pas rares!
Le laisser téter pendant 9-10 mois an, semble être un compromis
acceptable : n’épuisant pas la mère plus que de raison et laissant au
poulain suffisamment longtemps profiter des bienfaits nutritifs et des
immunités de sa mère.
La seule limite est la bonne santé de la jument, qui doit être surveillée, bien
nourrie et ne pas trop travailler, pour ne pas s’épuiser.
Comment ?
Evidemment, il est plus simple d’enfermer l’un et l’autre dans des boxes
différents et éloignés, d’attendre au moins 3 semaines que le poulain se calme
et d’administrer des antibiotiques et des bloquants de lactation à la
jument…
Si vous êtes amateur d’une longue série de litanies de hennissements
désespérés, vous ne serez pas déçu !
Un minimum d’infrastructure est nécessaire pour réaliser un « sevrage
doux » dans de bonnes conditions :
Il faut pouvoir, tout en maintenant à vue et sans enfermer, séparer la mère de
son poulain, ne laissant aucune possibilité pour ce dernier de la rejoindre (il
fera tout pour le faire, par forçage, saut, et tout autre moyen que lui dictera
son instinct.)
Une piste est de contrôler les tétées, en les espaçant de plus en plus, tout en
leur permettant de garder ce contact important et en facilitant une descente de
lait progressive !
Dés que le poulain à tété, on le sépare de sa mère pour qu’il n’y retourne
pas.
Il sera parfois nécessaire au début de traire la jument pour la soulager, mais
cela ne présente aucune difficulté !
Par contre, il est important de limiter l’alimentation en herbe fraîche de la
jument, celle-ci favorisant la montée de lait !
Ce régime permet d’éviter : abcès mammaires, médicaments et traumatismes
caractériels ; de plus, il ne prend guère plus de temps ( 5 semaines ) que
le système du sevrage brutal !
Une autre piste est de séparer progressivement mère/poulain: au départ,
séparations physiques, puis psychologiques. En commençant par de courtes
séparations, par exemple, on sort la mère du boxe pour lui parer les pieds, le
poulain restant dans le boxe. La mère est placée de telle manière qu'elle
puisse sentir et voire le poulain et réciproquement. Puis on se dirige vers une
réelle séparation au départ courte (10 minutes) puis de plus en plus longue et
fréquente.
Personellement, j'envisage donc le sevrage dès la naissance.
Mes interventions viseront à rendre le poulain indépendant de sa mère, à ce
qu'il gagne en assurance, puisse aller sans elle.
Comment?
Tout simplement en lui apprenant les règles de base dont fait partie la
conduite en main.
Si vous relisez les premières pages de Topaze et Sirene, vous constaterez que
je mène le poulain en longe devant sa mère. Au départ, sa mère le suit en étant
collé à lui. Puis progressivement, sa mère laisse de la distance, 50m puis 100m
et ainsi de suite.

Puis, comme il sait être mené en longe, et que sa mère gagne en forme, je sors
sa mère en promenade montée et je lâche le poulain lorsque nous sommes en
dehors de la circulation, des zones de passage.
Le poulain peut alors faire les expériences qu'il souhaite, à son rythme.
Progressivement, il va encore gagner en indépendance.
Les premières balades, il restera collé à sa mère. Puis, il ira visiter
d'autres endroits, allant même jusqu'à ne plus apercevoir sa mère. Mais
revenant toujours.
Des fois il disparaitra du champ de vision. L'avantage est aussi pour la mère.
LA mère s'habitue progressivement à cette séparation. Elle n'est plus
hystérique lorsqu'elle ne voit plus son poulain. Si des fois elle devenait
inquiète, elle émet son petit bruit de rappel et hop le poulain rapplique à
fond de train. Mais plus les balades s'accumulent, moins il y a de tension,
plus le poulain vagabonde librement. La séparation psychologique s'amorce des
deux côtés...

Autre condition favorisant le sevrage:
La vie en troupeau
Pour moi, élever des poulains ne peut se concevoir que parce que j'ai la
possibilité de les laisser grandir en troupeau et dehors!
Si c'est pour élever en boxe, je n'en vois pas l'intérêt d'autant que cela
fragilise le cheval
Si c'est pour élever seul avec sa mère, je n'en vois pas l'intérêt car la mère
n'éduque pas et qu'ensuite ils seront inséparables même apres sevrage si remis
ensemble.
Par conséquent, les poulains dès leur naissance sont intégrés au troupeau et
vont dehors.
Ils bénéficient donc d'une socialisation.
Et c'est cette socialisation qui va faciliter le passage à la vie adulte.
Autant dans les premiers jours voire les premières semaines, c'est la mère qui
compte le plus par tout ce qu'elle représente: alimentation, sécurité, confort
et réconfort. Autant quand le poulain grandit, elle ne reste plus intéressante
que pour son côté nourricier.
En fait, chez moi, les poulains bénéficient d'un grand frère incroyable qui
prend son rôle très à coeur. La mère s'éloigne alors laissant la garde de
l'enfant au grand frère. Là, encore le lien se distend. J'observe souvent
Quorail debout aux pieds du poulain dormant... Divine bien plus loin

vers une vie d'adulte
