Nous avons vu dans la partie théorique que les concentrés ou granulés que nous distribuons à nos chevaux ne correspondent pas à ce qu'ils auraient prélevé dans la nature. Aucun doute pour les granulés puisque les usines chimiques n'existaient pas à l'époque des mustangs: open bar, non hélas! Mais pour les céréales, cela est clair que si les chevaux en consommaient cela était en plus de leur alimentation à base d'herbage et uniquement aux moments où la saison était propice.


Nous sommes loin de ce schéma.
De plus, nous avons vu que le rapport phospho-calcique des céréales était inversement proportionnel à celui de l'herbe. Cela implique que lorsque l'on distribue des céréales, il faut trouver un moyen de rééquilibrer ce ration en rajoutant un composant plus riche en calcium. Ensuite, les chevaux ne peuevent que rarement se déplacer sur des prairies se comptant en dizaines d'hectares où ils trouvent tout ce dont ils ont besoin ainsi que les herbes médicinales en fonction des besoins qu'ils ressentent. Non, les chevaux ne peuvent plus suffisamment se déplacer et trouver ce qu'ils cherchent. PAr conséquent, nous devons suppléer à ce manque et même veiller à ce qu'il n'existe pas.
Et comme nous "utilisons" nos chevaux et que nous devons souvent conjuguer avec un emploi du temps personnel bien chargé, nous distribuons des repas de concentrés en général matin et soir.
Les chevaux se retrouvent donc avec une quantité de nourriture à absorber subitement et en un laps de temps défini. Nous adaptons en fonction de nos contraintes.
Les chevaux pour ces mêmes raisons peuvent parfois se retrouver en boxe, confinés. Là, c'est l'apoxisme de l'antinature puisqu'ils se retrouvent à ne plus pouvoir se déplacer pour se nourrir. Et on obitent alors des chevaux qui trépignent devant leur mangeoire pris entre le besoin instinctif de se déplacer pour manger et l'impossibilité de le faire car coincés entre 4 murs.
Sans oublier que la surcharge ponctuelle de l'organisme peut engendrer des pathologies comme les coliques qui sont d'autant plus fréquentes que le cheval suppoirte mal ses conditions de vie si éloignées de celles à l'état naturel.
Pour ces raisons, j'ai choisi de laisser mes chevaux au pré autant que possible. Je suis toutefois contrainte de ne leur délivrer que deux repas par jour. Repas qui sont toujours indispensables car manquant de surface d'herbage, l'herbe ne suffirait pas à les nourrir.


Pour rentrer dans le vif du sujet, je vais maintenant développer ce que mes chevaux reçoivent en tentant d'être la plus précise possible.


Donc à la bonne saison comme maintenant, mes chevaux sont à l'herbage et consomment de l'herbe à longueur de journée. A la mauvaise saison, je les ramene chez moi. Ils passent la journée dehors sur un paddock sec et dur où ils reçoivent du foin à volonté. La nuit, ils sont rentrés en boxe.
Qu'ils soient au pré ou sur paddock, ils reçoivent à peu pres les mêmes rations de concentrés. La différence est juste qu'au pré, selon la richesse de l'herbe, il arrive que je fasse "sauter" des rations.


De quoi se composent les rations:
orge
avoine
maïs
tourteaux de soja
tourteaux de lin
bouchons de luzerne


+ à la mauvaise saison des compléments minéraux et vitaminés distribués quotidiennement alors qu'à la bonne saison, j'ai plutôt tendance à laisser à disposition une pierre à sels et minéraux, à offrir une à deux fois par mois un seau de destrier bloc qui contient des compléments mélangés à de la mélasse.


Quantités distribuées:


Topaze et Divine partagent la même ration. Je vais donc donner le total
Orge (germée): 7,5L = 2,5 kg (l'orge gonfle. Et l'orge germée est plus riche que non germée. J'en distribue donc moitié moins en poids)
Avoine: 1,5L = 0,6kg
Maïs: 1,5L = 1kg
Bouchons de luzerne: 2L = 2kg
Tourteaux de lin: 1L = 0,65kg
Tourteaux de soja: 1,5L = 1
Si je considère qu'ils sont au foin avec une hypothèse basse de 10 kg consommés par jour (alors que l'on peut plutôt compter 15...)



Et à l'herbe...

Petite précision: l'herbe comme on l'a vu est moins riche que le foinn dans le sens où le foin est finalement du concentré d'herbe. Ceci dit, à la bonne saison, mes chevaux bénéficient de l'apport de fruits et de légumes. Fruits qu'ils peuvent cueillir eux même. Or, ça je ne peux pas l'intégrer dans mon calcul.
Ce que l'on constate déjà et ce dont il faut se réjouir, c'est le rapport idéal phospho/calcique! :) Les apports en vitamines, minéraux et oligo éléments sont assurés. Et j'ai une ration à fort rendement, qui rapporte beaucoup d'UFC, donc idéal pour soutenir l'effort demandé à l'organisme en lactation et gestation pour Divine et en croissance pour Topaze.
Ce rapport me semble important. Mais dans la réalité, mon regard me rassure. Il ne faut pas qu'un poulain ait trop d'énergie car s'il grandit trop vite, ses articulations risquent d'en être fragilisées (ostéochondrose, arthrose). Or, là mes chevaux sont très bien car on leur devine les côtés. Ils transforment donc cette énergie quotidiennement et elle suffit à assurer les besoins sans être excédente.


Et pour Middle, Perle et Quorail, ils reçoivent chacun
Orge (germée): 2,25L = 0,75kg
Avoine: 0,5L = 0,2kg
Maïs (son de Mais) 0,5 = 0,200kg
Bouchons de luzerne: 1L: 1kg
Tourteaux de lin: 0,5L = 0,325 kg
Tourteaux de soja: 0,5L = 0,300 kg
Mêmes hypothèses que ci-dessus pour le foin...


Et en étant à l'herbe

Là encore des rapports phospho calciques idéaux. Les chevaux recevraient peut être trop d'énergie l'hiver. Mais d'une part, je ne veux pas ne plus leur donner de foin à volonté. D'autre part, Divine partage la même ration qu'eux. Et c'est au moment de l'hiver que Divine a le plus besoin d'énergie et donc de foin à volonté. D'ailleurs, finalement que le terme de sa gestation se passe à ce moment là est aussi idéal. Le moment où elle reçoit le plus d'UFC et le moment où elle en a le plus besoin coincident. Elle peut juste "décoller" un peu quand je la remets au pré et que le poulain tête. Ceci dit, à ce moment là elle a la ration presque pour elle. Que au fur et à mesure que le temps passe, le poulain prend de plus en plus sur sa ration.
D'ailleurs, je tenais à préciser que j'ai effectivement doublé les rations de Quorail, Middle et Perle dans mon calcul puisqu'ils mangent deux fois par jour. Je ne l'ai pas fait pour Divine et Topaze. Ce n'est pas une erreur, mais si je doublais il faudrait ensuite que je divise par deux comme elles se partagent la ration. Donc cela reviendrait au même. Je suis plutôt satisfaite de la qualité de l'alimentation que je donne à mes chevaux. Et très fière quand je vois leur beau poil, beau crin et belle corne qui leur permet d'aller va nu pieds... pour une fois que je suis contente de moi! lol