Unités de mesures et ratios • U.F.C.
“Unité Fourragère Cheval”. C’est l’unité de référence qui sert à mesurer les besoins des chevaux. Cette référence correspond à la valeur énergétique d’un kg d’orge.
Les besoins énergétiques sont surtout couverts par les sucres solubles des céréales (amidon, glucose et autres,...) dont environ 75% sont digérés et absorbés dans l’intestin grêle, et dans une moindre mesure par les sucres non solubles des fourrages (fibres, cellulose, hémicellulose) qui subissent la fermentation dans le caecum et y sont transformés en Acides Gras Volatils (AGV).Les matières grasses sont aussi très bien valorisées et peuvent être introduites dans les rations sous forme d’huiles végétales ou de graines oléagineuses. Les besoins dépendent du poids du cheval et de son activité.
A l’entretien, donc au repos, les besoins journaliers du cheval se calculent selon la formule suivante :
0,5 U.F./100 kg de poids vif + 2 U.F.
Cela signifie qu’un cheval de 500 kg a besoin de : 0,5 U.F. x 5 + 2 U.F. = 4,5 U.F., c’est-à-dire l’équivalent énergétique de 4,5 kg d’orge standard.


Chaque heure de travail journalier nécessite l’appoint suivant à la ration d’entretien :
- travail léger : 0,3 U.F.
- travail moyen : 0,5 U.F.
- travail intense : 0,7 U.F.
- travail très intense : 1 U.F.


Considérant qu’en randonnée, le cheval fournit un travail moyen durant 6 à 7 heures, ce qui correspond à un apport de 3 à 3,5 U.F. (7 x 0,5 U.F.), ce qui fait un total de 8 U.F.


- Reproduction (mâle) : + 2 UF (1 saillie par jour).
- Reproduction (femelle) : + 0,5 UF au 7e mois ; + 1 UF au 9e mois ; + 2 UF en lactation.


Besoins en matières azotée (protéines)
La matière azotée digestible (MAD) Elle entre dans la composition des tissus et dans l’élaboration de toutes les productions (lait, viande, travail). Les besoins azotés sont couverts par l’apport d’acides aminés, résultats de la digestion des protides. La MAD correspond à la quantité d'acides aminés absorbés essentiellement dans l'intestin grêle et, dans une proportion bien plus limitée, dans le gros intestin.
Les besoins en entretien sont de 60 g de MAD/100 kg de poids vif.
Selon l'activité, il faut ajouter :
- Croissance : de 10 à 20 g/100 kg de poids vif supplémentaires, selon le gain moyen quotidien
- Travail : + 70 g de MAD par UF supplémentaire
- Reproduction (mâle) : + 120 g MAD par UF supplémentaire, soit 240 g de MAD
- Reproduction (femelle) : + 120 g MAD par UF supplémentaire, soit + 60 g au 7e mois ; + 120 g au 9e mois ; + 240 g en lactation


N.B. : cette formule n’est qu’une base de travail. Les besoins ne varient pas uniquement en fonction du poids du cheval, mais aussi en fonction de son âge (poulain ou adulte) ; du poids du cavalier ; du sexe du cheval (jument gestante ou allaitante, étalon en période de monte), etc. Par ailleurs, l’U.F.C. détermine la valeur énergétique d’un aliment ; mais l’organisme du cheval nécessite également autre chose que de l’énergie : il lui faut des protéines, des minéraux, des vitamines...


• La matière sèche
C’est la matière résiduelle d’un aliment dont on a extrait toute l’eau. Ainsi, une carotte contient 97,5 % d’eau, soit 125 g de matières sèche au kg. A l’inverse, le foin ne contient que 10 à 13 % d’eau, soit 870 g de matière sèche au kg. La quantité de matière sèche d’un aliment ne détermine pas sa valeur nutritive.


La quantité absolue en Matière sèche (MS) est l’encombrement de la ration il faut aussi tenir compte de la longueur du réservoir digestif des chevaux. Pour cela la ration doit comporter un minimum de lest nécessaire à l’accélération du transit. Un taux trop élevé réduit cependant le niveau d’ingestion. Il faut donc trouver un équilibre qui ne soit pas non plus nuisible à une activité sportive (embonpoint de l’abdomen).


• Le coefficient d’encombrement
C’est le rapport entre la quantité de matière sèche contenue dans un aliment brut et sa valeur énergétique (kg M.S./U.F.). Ce coefficient sera égal à 2 (2 kg de matière sèche doivent donner 1 U.F.) pour un cheval au repos, et il sera abaissé à un minimum de 1,2 (pour 1 travail intense). Plus le rapport (chiffre) est élevé, plus le système digestif est encombré en fournissant peu d’énergie par rapport au volume (ce qui n’est pas bon pour le sport).


• Rapport Phosphocalcique Le calcium et le phosphore sont deux minéraux indispensables au développement du squelette et au maintien de sa robustesse. Il faut toutefois veiller à ne pas donner trop de l’un par rapport à l’autre. Ce rapport (calcium divisé par phosphore) doit toujours être supérieur à 1, et doit idéalement être compris entre 1,5 et 1,8. Ce nombre provient du fait que le cheval herbivore se nourrit naturellement l'herbe. Or, l'herb est plus riche en calcium qu'en phosphore. Inversement les céréales sont plus riches en phosphore qu'en calcium. Mais le calcium peut se trouver un excès dans d'autres aliments distribués par l'homme. Un excès de phosphore déminéralise le squelette et le fragilise ; un excès de calcium gène l’assimilation des oligoéléments et fragilise les cartilages


Dr Jean-Marc Lamolle, vétérinaire équin


Bibliographie :
• Claude Arnould, 3ème Fer, chapitre 9, alimentation, FFE.
• 4ème Fer, alimentation du cheval de randonnée, 1988.
• Roger Wolter, Alimentation du cheval, Editions France Agricole, coll. “produire mieux”, Paris, 1994.
• Claude Lux, Bien nourrir son cheval, 2ème édition, Editions Maloine, Paris, 1997.
• Colin Vogel, Manuel complet des soins aux chevaux, Editions Vigot, Paris, 1996
• W. Martin-Rosset ed., L’alimentation des chevaux, Institut National de Recherche Agronomique, Paris, 1990.
• Dr. Jean-Marc Lamolle, Notions d’alimentation du cheval, Cours du C.R.E.P.A.C., 1998


extrait du dossier "l'alimentation du cheval" du n°264 de la revue Hippo News


LA MATIERE SECHE: débat sur sa quantification
La matière nutritive d’un aliment est contenue dans la matière sèche qui le compose, pas dans l’eau qu’il contient. 1 kg d’orge, par exemple, contient 880 g de matière sèche, donc 120 g d’eau. Ces chiffres ne sont pas absolus : le taux d’humidité d’un sac d’orge, s’il a eu peu “séché” au soleil, peut être inférieur à 12 %, ce qui peut fausser les données. Certains tableaux donnent la valeur nutritive de l’aliment en g/kg de matière brute (M.B.), d’autres en g/kg de matière sèche (M.S.). C’est ainsi que selon le tableau (disponible sur demande à la FFE), 1 kg d’orge brute (qui sort du sac) contient 1 UFC (unité fourragère) et 0,4 g de calcium, tandis qu’1 kg de M.S. d’orge contient 1,16 UFC et 0,9 g de calcium. Cette différence est due au fait que la matière nutritive est diluée dans la matière brute, concentrée dans la matière sèche. C’est tout un débat. En fait, les chiffres basés sur la matière brute permettent un calcul facile (1 kg qui sort du sac contient autant de ci et autant de ça). En revanche, ils constituent une valeur moyenne puisque leur taux d’humidité peut varier. On est donc jamais sûr qu’1 kg d’orge fraîche vale, sur la balance, 1 UFC. Les chiffres basés sur la matière sèche sont donc plus précis puisqu’on en a éliminé la seule variable : le taux d’humidité. Revers de la médaille : il est impossible de mesurer avec exactitude le taux d’humidité d’1 kg d’orge brut, sorti de tel ou tel sac, si l’on est pas équipé pour (laboratoire, etc.).


Concernant l’herbe et le foin, certaines données peuvent apparaître contradictoires quant à la valeur nutritive et la teneur en calcium de l’un et de l’autre : tantôt, on entend que le foin n’a jamais autant de valeur nutritive que le même fourrage sur pied ; ailleurs, on dira que les teneurs en matières azotées et en calcium du foin sont 2 à 5 fois supérieures à l’herbe. La contradiction n’est qu’apparente : le foin ayant séché, il est plus léger que l’herbe. A poids égal, il est logique qu’il contienne davantage de protéines et de minéraux, même si chaque brin d’herbe a perdu une certaine partie de sa valeur nutritive en devenant un brin de foin, c’est-à-dire en séchant.


extrait du dossier "l'alimentation du cheval" du n°264 de la revue Hippo News


Tableau récapitulatif
Rapports phospho-calcique des différents aliments


Matière azotée digestible par aliments



Matière sèche et cellulose par aliments



UFC par aliments



extrait du dossier "l'alimentation du cheval" du n°264 de la revue Hippo News